| |
 |
| Derniere actualité sur Consommations |
|
|
|
 |
 |
|
|
PÊCHE
Le pêcher est un arbre d'Orient, poussant en plein vent, au milieu des vignes, et produisant d'agréables fruits ronds et veloutés.
Les jardiniers français s'en sont emparé, l'ont croisé et greffé avec le prunier et l'amandier, l'ont collé contre des mues où il reçoit la chakur du soleil et est protégé des vents. Ils ont donné à ses branches des formes régulières de candélabre et d,e double candélabre, ils ont fumé adroitement son pied, l'ont préservé des insectes ; au moment de la maturité du fruit, ils ont gradué les rayons du soleil par un jeu savant de feuillage protecteur, et ils ont accompli cette chose unique, servant de comparaison à toute carnation qui veut être blanche, rose, ferme et veloutée, une pêche.
Quand une pêche est parfaite, sa peau se détache de sa pulpe
comme une robe de soie tombe des épaules d'une femme. Son noyau sort facilement du repli rose où il est caché, sa chair est si fondante qu'elle se dissout dans la bouche comme une gorgée de fraîcheur, et son parfum est celui de l'été tout entier. Les guêpes le savent bien, et elles bourdonnent autour des pêches, s'y'agrippent, se gorgent indéfiniment de ce délice, jusqu'à ce qu'elles tombent, saturées, au pied de l'espalier.
Il ne faut toucher qu'une fois à une pêche.
Qu'elles sont bonnes, les pêches que l'on cueille à même de l'arbre et qu'on écrase contre son visage, pendant que le jus tiède et parfumé vous coule dans la manche.
Et ces pêches sont cultivées à Montreuil, près de Paris, par des jardiniers qui leur donnent des noms variés, — expliquant si leur maturité doit avoir lieu en juillet, en août ou en septembre. La terre de Montreuil est aujourd'hui épuisée et n'est plus qu une indication de belle pêche.
Il y a également des pêches du Midi ; et celles-ci ont la peau épaisse, la chair résistante ; elles ne craignent ni les voyages, ni les manipulations, ne formant qu'un bloc dur avec leur peau et leur noyau. Elles n'ont pas d'intérêt.
Il y a aussi de petites pêches de plein vent, dont les feuilles jolies frémissent dans la brise. Leur peau amaranthe et dorée est piquetée de taches de rousseur. Elles sont bonnes mises en compote, ou à croquer pendant une promenade.
|
|