| |
 |
| Derniere actualité sur Consommations |
|
|
|
 |
 |
|
|
CHATAIGNIER
Pourvu que le terrain soit sec et un peu surélevé, le châtaignier pousse dans bien des endroits sauf dans les plaines à blé, à pâturages, et dans les terres d'olivier.
C'est un arbre aux magnifiques frondaisons, qui a les mêmes mœurs que le noyer : il ne vient pas en forêt, mais en bois de peu d'étendue, en allées, ou isolé sur les pentes. Et il est aussi plein d'orgueil, à cause de sa production fruitière.
En Savoie, en Dauphiné, en Auvergne, dans les montagnes des Maures et des Pyrénées, dans le Limousin, le Poitou et la Sarthe, il y a de belles châtaigneraies.
Dans l'Ouest, les châtaigniers au faîte doré, s'élevant au-dessus des grands tapis de bruyère rose, sont d'un magnifique effet. Mais en revanche ses feuilles sont les moins belles des feuilles mortes : les feuilles légères du bouieau tombent comme des louis d'oT, celles des chênes et des hêtres d'un brun lustré restent craquantes toute l'année, la feuille du châtaignier n'est qu'une poussière éteinte, et grise comme de la cendre.
Le bois de taillis a longtemps servi à encercler les douves des
futailles. Les nouziîlardes du Poitou, les châtaignes de la Sarthe, les
marrons de Lyon, sont des fruits excellents.
Dans les campagnes, on mange ces fruits bouillis dans de l'eau sucrée. Arroses d'un bol de lait frais, ce repas rustique sera complet et il ne faudra rien y ajouter, car le marron est une solide nourriture ; le thé ne devra jamais lui être joint, car la châtaigne tue l'arôme de cette boisson. Elle entoure agréablement la dinde et l'oie, pouvant remplacer la truffe.
Les citadins, qui ont des signes artificiels pour reconnaître les saisons, savent que l'hiver est proche quand ils voient, peu après le départ des hirondelles,le marchand de marrons s'installer au coin des rues et tendant d'une main noircie le petit sac rempli de sa marchandise ; c'est un signe certain que les jours raccourcissent, que les écoliers, les magistrats et les députés reprennent leurs travaux, et que les crépuscules violets parisiens, vont venir enchanter ceux qui aiment à déguster la saveur subtile des villes,
L'odeur de mon pays était dans une pomme, Je l'ai mordue avec les yeux fermés du somme Pour me croire debout dans un herbage vert, L'herbe haute sentait le soleil et la mer.
|
|