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| Derniere actualité sur Consommations |
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BOILEAU
Cet hôte singulier de nos bois, fauve et gris comme les feuilles
mortes du chêne et du châtaignier, zigzague au galop à travers
les taillis, les allées et les clairières, de son pas feutré et rapide.
Cet animal du silence est un ami des grands bois et dela lune.
Tout le jour tapi dans son terrier que l'expérience lui a appris à profondément creuser, il devient sociable pendant la nuit, s'assemble en foule, gambade, et se livre sur l'herbe à ses jeux et à ses amours.
Sans doute il aime voir l'image fantasque que la lune fait de lui en allongeant indéfiniment ses souples oreilles.
Plein de perfidie, il se complaît à nuire, rongeant et grignotant toutes les végétations qu'il rencontre ; se reproduisant pour mieux dévaster, il anéantirait facilement tous nos jolis boqueteaux.
Suivant la loi de la sage compensation, sa destruction est pour l'homme un prétexte à plaisir. Chasser le lapin est la distraction habituelle des habitants des campagnes.
Originaire de Grèce et d'Espagne, répandu partout, le lapin n'est un bon gibier qu'en France ; dans les pays du centre de l'Europe il est à juste titre assimile au rat.
Malgré les feuilles mortes d'octobre, il a le don de bondir presque sans bruit, et on ne le tire qu'à vue.
Une bonne gibelotte n'est pas à dédaigner, mais le meilleur lapin est celui des bois montagneux, parsemés de clairières, où l'herbe aromatique pousse à foison et parfume sa chair.
Les lapins du Dauphiné sont excellents. Au temps jadis, l'évêque de la Grande-Chartreuse, gourmand comme tous les gens d'Eglise, avait inventé une façon merveilleuse d'accommoder le lapin en le faisant longtemps mariner avec des bourgeons de sapin.
Le lapereau est surtout propre à donner un fumet de gibier dans tous les apprêts dont il sera la base.
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