| |
 |
| Derniere actualité sur Consommations |
|
|
|
 |
 |
|
|
AIL
Les Grecs en mangeaient en si grande abondance, que le rire inextinguible de leurs dieux aurait renversé un homme du Nord. '
.Les Provençaux en usent également, conscients des attributs nombreux de cette plante ennemie de l'acide urique, et par conséquent préserve l'homme de la décrépitude hâtive et lui procure la joie, fille de l'insouciance.
Ceux qui s'adonnent à l'ail sont fatalement sobres, et n'ont pas de grands besoins matériels. Débarrassés des luttes pour un bien-être que le soleil répand dans leur moelle, ils ont ce bienfait des dieux qui s'appelle la gajté organique.
L'ail n'est pas une plante qui porte aux imaginations, nébuleuses. Elle excite plutôt !e cerveau vers les spéculations, le négoce, favorise le goût des harangues, des dissertations politiques.
L'adolescent provençal, assis les jambes pendantes et les pieds nus sur un parapet, mange son pain frotté d'ail en se nourrissant les yeux de la vie grouillante et heureuse qui l'entoure.
Les Provençaux célèbrent à la Saint-Jean la fête de l'ail.
Aux allées de Meillan, à Marseille, des guirlandes d'aulx sont suspendues entre ïes platanes, et les jeunes gens et tes jeunes iilles y viennent choisir les bulbes destinées à la plantation. Ils célèbrent en même temps la fête de la jeunesse, et déroulent sur la grand'plaee une gaie farandole.
« Voir Naples et mourir ; » à quoi bon, puisque nous avons la baie de Cannes, découverte par un Anglais.
Autour de l'éventail de la rade, les jardins d'orangers et de palmes descendent jusqu'à la mer, s'appuyant à l'Est sur l'Estérel en topaze rose, et regardant de face les îles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat. Ils forment un éden fleuri, choisi par ceux qui préfèrent à l'activité, un paradis plein d'ennui.
Les jardins de Cannes valent les jardins de Lombardie.
Protégés du mistral, chauffés par le soleil, dans le riche limon d'une terre fiévreuse, qui s'étend des bois aromatiques du Var à la mélancolique presqu'île basse d'Antibes, là où naquit l'enfant Septentrion « qui dansa deux fois et mourut », ces jardins forment une région où des fleurs vives et parfumées s'ouvrent sous le froissement des palmiers, au pied des mimosas et des longs eucalyptus vainqueurs de miasmes.
|
|